Que signifie l’expression russe «apercevoir la petite lumière et entrer»?

Créé par OpenAI
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L’expression зайти на огонёк/zaïti na aganiok, littéralement entrer à la vue de la petite flamme, témoigne d’une habitude que les habitants des villes russes avaient au XIXe siècle : poser des bougies à leurs fenêtres pour signifier à leurs connaissances qui passaient devant chez eux qu’ils étaient prêts à les recevoir.

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Tatiana Kouzminskaïa, la sœur cadette de la femme de Léon Tolstoï, décrivait ainsi cet usage. Dans son livre Ma Vie à la Maison et à Iasnaïa Poliana, elle se souvenait de sa jeunesse à Toula :

« Notre grand-père était très hospitalier, il aimait recevoir. Outre les soirées et les bals qu’il donnait, il recevait ses hôtes sans façons, "à la bougie", comme c’était l’usage de le dire. Devant les fenêtres qui donnaient sur la rue, on posait de grands chandeliers avec des bougies de cire allumées. C’était le signal convenu que les maîtres de maison étaient présents et attendaient celles de leurs connaissances qui voudraient bien leur rendre visite. »

Cette forme d’invitation était à cette époque tellement répandue que, le soir, on envoyait un domestique voir qui avait allumé des bougies à ses fenêtres. Tatiana Kouzminskaïa se souvenait encore :

« [...] lorsqu’aucun bal ou concert n’était prévu en ville – ce qu’évidemment on savait à l’avance – comme me le racontait notre mère, on envoyait le cosaque Petka voir qui de nos connaissances avaient allumé des bougies. Petka enfilait le touloupе [pelisse – ndlr] et les bottes de feutre qui servaient à toute la domesticité, courait voir s’il y avait des bougies aux fenêtres des Kazarinov, des Minine et d’autres encore. Il rentrait ensuite dire où il en avait vu. Petka prenait son rôle à cœur : il savait qui était prêt à recevoir des hôtes et, surtout, chez qui voulaient aller ses maîtresses. »

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